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Auteur Fil de discussion: Un film sur Dylan  (Lu 7356 fois)
blue grass
Invité
« le: 04 Décembre 2007 - 12:11 »

Un film voir article http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2322120&rubId=1097
Patrice ne crois tu pas que serait l'occasion de faire un    "Sous les feux de la rampe" avec Bob Dylan. cela pourrait relancer un peu le forum.
Et dire que c'est dans "la croix" que j'ai trouvé l'article Grin 

I'm Not There", l'introuvable Bob Dylan, dans le puzzle de ses identités
Alain Rémond, biographe de Bob Dylan, a vu pour « La Croix » le film de Todd Haynes qui retrace, de manière originale, la vie du chanteur folk


Christian Bale, l'un des six interprètes de I'm not there (photo Diaphana).

I’M NOT THERE de Todd Haynes
Film américain (2 h 15). En salles mercredi 5 décembre

De deux choses l’une : soit vous connaissez Bob Dylan (sa vie, son œuvre) par cœur ; soit vous en êtes resté, au mieux, à Hughes Aufray. Ce qui est sûr, c’est que les uns et les autres ne verront pas le même film. Les dylanophiles et dylanomaniaques passeront leur temps à jouer au petit jeu des références au vrai Dylan (citations, allusions…). Quant aux autres, je n’ai pas la moindre idée de ce qu’ils comprendront, ressentiront, aimeront ou détesteront.

I’m Not There, en effet, ne ressemble à rien de connu. Todd Haynes, cinéaste qui aime les risques et les défis, a voulu éviter le piège de la biographie classique, comme on en a vu beaucoup ces dernières années. Avec Bob Dylan, qui n’a cessé de se cacher, de se masquer, de se déguiser, de se métamorphoser, c’était de toute façon mission impossible. On le croit ici, il est ailleurs. On croit l’attraper, il s’est déjà échappé.

Todd Haynes a donc fait un choix radical, totalement en phase avec son modèle : faire jouer Bob Dylan (dont le nom n’est d’ailleurs jamais cité) par sept acteurs différents, interprétant sept personnages différents, représentant autant de facettes de la personnalité de Dylan, autant de phases de son évolution.

Visuellement, son film est un puzzle de styles cinématographiques, du réalisme façon années 1930 au western baroque, en passant par le cinéma expérimental ou le Fellini de Huit et demi mâtiné d’Andy War hol. Sur le papier, ce kaléidoscope est une formidable idée. À l’écran, disons que ça dépend.

Film coup de poker : on marche ou on ne marche pas

lire la suite de l'article d'Alain REMOND auteur de Les Chemins de Bob Dylan (1971, Épi), avec une préface de Michel Lancelot.

« Dernière édition: 04 Décembre 2007 - 12:42 par Blue folk » Journalisée
Patrice
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« Répondre #1 le: 05 Décembre 2007 - 23:56 »

Merci pour l'info et oui, OK pour un "sous les feux de la rampe" Wink
(dans 2 jours, pas avant).

Je veux croire que c'est un bon film, cette fois... car je ne suis toujours pas convaincu par l'acteur jouant le role de Johnny Cash dans "I walk the line", alors je deviens méfiant sur les films retraçant la vie des grands chanteurs... Grin

Patrice
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Patrice Clos - France (Gard)
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey).
blue grass
Invité
« Répondre #2 le: 06 Décembre 2007 - 00:32 »

Merci pour l'info et oui, OK pour un "sous les feux de la rampe" Wink
(dans 2 jours, pas avant).

Je veux croire que c'est un bon film, cette fois... car je ne suis toujours pas convaincu par l'acteur jouant le role de Johnny Cash dans "I walk the line", alors je deviens méfiant sur les films retraçant la vie des grands chanteurs... Grin

Patrice

Je ne me fais pas trop d'illusions, je préfère avoir une bonne surprise.
D'après ce que j'ai entendu dire les grands amateurs de Dylan risquent d'avoir qq. déceptions.
Nous verrons bien, il sort cette semaine.
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Cécile
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« Répondre #3 le: 07 Décembre 2007 - 23:47 »

un autre avis :

Citation
Todd haynes lui consacre un grand film: Les sept vies de bob dylan

Depuis ses débuts, Robert Zimmerman, alias Bob Dylan, n'a cessé de changer de masque. Pour incarner cette énigme américaine, Todd Haynes l'a fait jouer par sept acteurs différents. Un pari fou, un film époustouflant

Au printemps 2003, Todd Haynes évoquait déjà le projet d'un film sur Bob Dylan dans lequel le chanteur serait représenté par plusieurs acteurs. Il venait alors de réaliser «Loin du paradis», film à la manière de Douglas Sirk qui tendait à l'Amérique d'aujourd'hui le miroir d'un mélodrame flamboyant de 1957, et on s'était dit alors que, s'il s'entêtait dans ce projet, on risquait d'attendre son nouveau film longtemps. Un peu plus de quatre ans après, «I'm not there» («Je ne suis pas là») est là, et bien là. Et des sept interprètes qui composent les avatars de Bob Dylan, celui qui ressemble le plus à son modèle est sans discussion... Cate Blanchett, dont on se souvient qu'elle incarna Katharine Hepburn chez Martin Scorsese («Aviator»). Les autres lui ressemblent très peu ou pas du tout, à commencer par le premier d'entre eux, par ordre d'apparition dans ces «Variations sur la vie et les musiques de Bob Dylan» (le sous-titre du film), un jeune Noir de 11 ans nommé Marcus Cari Franklin et qui dans le film dit s'appeler... Woody Guthrie. Cela vous paraît compliqué ?
Attendez, vous ne savez encore rien. Vous ignorez, par exemple, qu'un autre avatar de Dylan, incarné par Richard Gère, se nomme Billy the Kid, qu'une chanteuse qui évoque irrésistiblement Joan Baez intervient dans un faux documentaire sous les traits de Julianne Moore, ou que Charlotte Gainsbourg interprète l'épouse française d'un autre vrai/faux Dylan, vedette de cinéma celui-là. Vous ne le savez pas, parce que vous n'avez jamais vu un film comme «I'm not there», pour cette raison simple qu'il n'y a jamais eu de film comme celui-ci. Mais si vous persistez à penser que tout cela est vraiment trop compliqué, vous n'avez pas raison : il suffit de se laisser porter, tout coule de source, comme la musique.
Sans que son jean et sa chemise à carreaux y soient forcément pour beaucoup, Todd Haynes semble encore un adolescent. Il aura pourtant 47 ans le 2 janvier, et il n'est pas nécessaire d'être un surdoué en calcul pour conclure qu'il n'a pas rencontré les chansons de Dylan dans les années 1960 : «Je me souviens que tout le monde fredonnait «Blowin' in the Wind», mais je pensais alors que c'était un chant traditionnel. Ce n'est qu'une dizaine d'années plus tard que j'ai commencé à écouter Dylan. Il n'empêche que j'ai été très marqué par ce qu'on appelait la contre-culture.» Explication : la famille Haynes vivait alors en Californie et, un soir, ses parents emmenèrent le petit Todd à une projection du film de Franco Zeffirelli «Roméo et Juliette», quelque part dans la San Fernando Valley. Et alors ? «J'ai vu ce film entouré de hippies, tout le monde portait les cheveux longs, les filles étaient pieds nus... et noirs de crasse, elles sanglotaient à la mort de Roméo et cessaient de pleurer quand Juliette le suivait dans la tombe. C'était une expérience incroyable, radicale, la rencontre de Shakespeare et des hippies, de la tradition et de la contre-culture.» On ne s'étonnera pas qu'il se souvienne très bien de l'histoire, découverte à 7 ans, d'un hippie et d'un homme d'affaires contraints, à la suite d'un échange de valises, de revêtir chacun les vêtements de l'autre, ni que son premier film, tourné en Super 8, ait été un «Roméo et Juliette» d'une vingtaine de minutes. Il y interprétait tous les rôles, sauf Juliette et la nourrice (sa soeur s'en chargeait), son père agitant, hors champ, l'épée de Mercutio et «la magie du montage faisait le reste». On le croit sur parole, comme on le croit quand il affirme qu'un film «sur» Dylan ne pouvait qu'être un portrait éclaté, «parce que Dylan a sans cesse changé de personnalité, sans que l'on sache si c'était pour lui un mode de survie obligatoire ou si quelque chose dans son ADN l'a déterminé ainsi». Un film, donc, libéré des contraintes de la narration traditionnelle.
«Même son fantôme a plusieurs personnalités», est-il annoncé au début, et ce fantôme, ces fantômes plutôt, sont ici vivants, présents, jamais plus insaisissables que quand on croit les avoir cernés. «C'est aussi une constante de l'Amérique de refuser de s'analyser, de se situer toujours au présent. De même, le chanteur se situe toujours dans l'instant de la performance, du concert, il vit dans le moment, et c'est ce que Dylan a toujours fait, refusant de s'arrêter, de se laisser figer en icône, considérant tout enregistrement comme la capture d'un instant donné, une sorte de «live» en studio. Son Never Ending Tour (la tournée sans fin) répond à cette obsession.» Les Bob Dylan de Todd Haynes sont donc sept, et le film passe sans relâche de l'un à l'autre. D'un poète symboliste prénommé comme Rimbaud (Ben Wishaw) à un chanteur folk contestataire (Christian Bale), d'un acteur fou de moto (Heath Ledger) marié à une Française («C'est pour Charlotte Gainsbourg que Claire est française») à un pasteur qui n'est autre que le chanteur déjà cité, puis à Jude (Cate Blanchett), chanteur américain en visite à Londres au mitan des sixties : «Les séquences de Jude sont en noir et blanc, comme «Don't Look Bock», le film de D. A. Pennebaker qui montre Dylan à Londres. Il y apparaît comme une créature précieuse, une marionnette, ni tout à fait un homme ni vraiment une femme. Si seul, si isolé. C'est pour cela que j'ai choisi Cate Blanchett pour incarner le Dylan le plus célèbre, celui qui rencontre les Beatles, passe du folk à l'électricité et endure la colère et l'incompréhension de ses fans; le Dylan qui comprend qu'être celui qu'il est alors ne l'intéresse plus.»
Le Dylan le plus célèbre, en effet. Mais que dire alors de celui que le film désigne sous le nom de Billy le Kid, réfugié dans une petite ville de l'Ouest menacée par la construction d'une autoroute dont le promoteur se nomme Pat Garrett ? «C'est le Dylan qui se cache au lendemain de son accident de moto, qui se retire du monde moderne. On pense à l'album «John Wesley Harding», au film de Sam Peckinpah «Pat Garrett et Billy le Kid», à la phrase de Dylan lançant à Peckinpah «Je suis Billy le Kid réinventé». Il a toujours adoré les westerns, c'est dans ce monde-là qu'il a choisi de s'évanouir, je pense même qu'il n'est jamais revenu vraiment.»
Evanoui comme le sont aujourd'hui les idéaux d'alors, tandis qu'à la guerre du Vietnam, dont Claire apprend par la télévision qu'elle vient de prendre fin, a succédé celle d'Irak, «plus unanimement considérée comme une catastrophe, mais qui ne suscite pourtant pas les soulèvements qu'avait provoqués le Vietnam» dans un pays dont les dirigeants ne veulent surtout pas entendre les leçons de l'histoire. «Redécouvrir les années 1960 est incroyablement enrichissant. Un homme politique aussi conservateur que Barry Goldwater apparaît presque comme un libéral, comparé au tandem Bush/Cheney. Souvenons-nous qu'il était favorable à l'avortement ! Sans parler du cinéma d'alors, inventif, audacieux, pleinement adulte, alors qu'aujourd'hui l'infantilisme a triomphé. Les films des années 1960 étaient des voyages, comme les chansons de Dylan.» «I'm not there» est un voyage, plusieurs voyages même, mais c'est un film d'aujourd'hui, pleinement d'aujourd'hui, traversé par ce vent de liberté qui soufflait alors sur le monde et dont Dylan fut l'inspirateur le plus constant. Dylan dont on brûle d'apprendre ce qu'il a pensé du film. On ne le saura peut-être jamais : «Je ne l'ai jamais rencontré, ni ne lui ai parlé. En fait, je n'en ai pas ressenti le besoin. Nous l'avons contacté par l'intermédiaire de l'aîné de ses fils, qui est réalisateur indépendant à Los Angeles, et lui avons fait passer le projet, ainsi que des copies de plusieurs de mes films. Quelques mois plus tard, il nous a donné son accord.» Aussi simple que ça. Aussi inattendu et inespéré également. Comme «I'm not there», ce film qui, sur tous les tons et dans tous les styles, chante que si Bob Dylan n'est pas là, c'est sans doute qu'il est partout.
«I'm not there», un film de Todd Haynes, en salles le 5 décembre.

Le Nouvel Observateur - 2247 - 29/11/2007

Cécile


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bachir
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un violon en flammes,jusqu'au repos de mon âme


« Répondre #4 le: 08 Décembre 2007 - 02:02 »

Merci pour l'info et les articles!J'aurais aimé voir les films avant de voir ce que les critiques en disent,mais nous sommes devant le fait accompli Grin
Bachir
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"...je deviens l'autre et non sans douleur"GA
blue grass
Invité
« Répondre #5 le: 08 Décembre 2007 - 12:18 »

Je suis certain que dans qq. semaines tu le trouveras à cas en CD dans les boutiques.
Je connais qq'un qui est prof au lycée Français de Casa, il voit les film, avant moi....Bon week end
et donne nous ton impression lorsque tu l'auras vu, à ce jour je ne la'ai pas encore vu et je suis d'accord avec toi, tout ce qui se dit autour  pollue  un peu la perception que l'on aura lors de la découverte.
Merci à ces dames de ces 2 articles du nll obs
Dylan est si bizarre que je me demande comment ils ont pu faire un film sur lui.
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« Répondre #6 le: 08 Décembre 2007 - 19:16 »

Citation
Dylan est si bizarre que je me demande comment ils ont pu faire un film sur lui.

J'applaudis à cette phrase si vraie !!!! Cheesy

@ Cristina :
Pour masquer le post, quand tu réponds, tu cliques sur "options supplémentaires" (en dessous du texte que tu rédiges), tu choisis l'option "masquer ce post" et, dans la boite de dialoque, tu choisis "login", tu ne touches pas à la valeur.
Ainsi, seuls les membres enregistrés ET connectés verront le message.

Patrice
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey).
blue grass
Invité
« Répondre #7 le: 08 Décembre 2007 - 21:13 »

Merci Patrice de ta réponse, nous sommes d'accord sur ce point.
Plus je découvre Dylan plus ça craint !!! je continue à penser en v et contre tout que c'est lui le vrai cauchemar Psychomoteur. Il  a été porté au zénith en nous faisant le fameux signe du doigt  Grin
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