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Auteur Fil de discussion: Manfred Leuchter - L'accordéon arabe  (Lu 820 fois)
Patrice
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« le: 24 Janvier 2007 - 02:08 »

Manfred Leuchter, l'accordéon arabe


Vous savez, "Manni" ?
C'est Manfred Leuchter, né le 15 juin 1960, le petit homme chauve qui accompagne Reinhard Mey à l’accordéon de façon géniale, celui qui signe tous les arrangements du troubadour berlinois a aussi sa propre formation et a enregistré plusieurs disques, dont:
    * Sparito (Quintett 2000)
    * Arabesque (Quintett 2001)
    * Nomade (Quintett 2003)
    * Pas de Trois (Trio avec Afra Mussawisade / Iran avec Karim Othman-Hassan / Iraq 2004)
    * Space (Quintett Live 2004)
    * Zina (Quintett 2006)

Voici deux articles pour en savoir un peu plus, mais allez sur le site officiel de Manfred Leuchter, vous pourrez télécharger plusieurs morceaux complets.
http://www.manfred-leuchter.de
Sympa, non ?

Patrice.


  • Article par Götz Alsmann

En se voyant confronté pour la première fois à la musique de Manfred Leuchter, on pourrait avoir tendance à croire que l’univers de la musique semble difficilement compréhensible. Des improvisations de Jazz sur des rythmes orientaux, des instruments exotiques face à l’accordéon?
S’agirait-il d’une nouvelle menace de la “World-Music“?

Quel horrible terme qu’on espérait joyeusement oublié mais qu’on retrouve régulièrement réanimé lorsque des journalistes s’escriment à pourvoir d’une étiquette la musique de Manfred Leuchter.
“World Music“, ça signifiait qu’on versait dans une grosse marmite tout ce qui avait un soupçon de folklore, on laissait bien mijoter et pour finir on rajoutait en bien remuant une piste de percussion. Cela signifiait qu’un producteur pouvait se procurer le plaisir enfantin de se croire créatif en faisant planer son chanteur reggae sur un tapis volant de fausse sitar au dessus d’un fond de flûte de Pan émis par le dernier des Indios de la dernière zone piétonne.

Les temps ont changé. Et pour cela on ferait bien de faire deux choses pour pouvoir admirer la
forme contemporaine et enfin artistiquement légitime de ce qu’on appelait auparavant la “World Music“: Primo, gommer une bonne fois pour toutes cette appellation galvaudée et deuxio, se tourner vers l’oeuvre de cet unique Manfred Leuchter. Ici on ne met pas n’importe quoi dans n’importe quelle casserole pour un pot-au-feu quelconque, ici le patron fait la cuisine lui-même et avec amour!

Ici on assaisonne à l’orientale – avec beaucoup de respect et un grand amour pour la musique. Ici l’accordéon de Leuchter s’adapte subtilement au spectre des sons orientaux sans pour cela renier sa propre tradition européenne et l’accordéon de Jazz. Ici deux cultures musicales se rencontrent et s’influencent sans se dévorer mutuellement.

Avec ceci Manfred Leuchter se trouve au beau milieu d’une tradition de l’accordéon arabe peu connue dans nos parages. Déjà au 19ième siècle l’accordéon avait sa place au moyen orient, spécialement en Egypte et il a longtemps pu la conserver même jusqu’en Asie Centrale. Est-ce la raison pour laquelle Manfred Leuchter rencontre un grand vif succès également dans les latitudes du Proche et du Moyen Orient et en Asie? Ses tournées triomphales le mènent des Indes jusqu’en Syrie où il a récemment enregistré à Damas quelques morceaux avec sa formation et des musiciens arabes. Ces enregistrements constituent une partie fort importante du nouvel album de Manfred Leuchter, “Zina“.

Les musiciens qui l’accompagnent depuis bien des années, Christoph Titz (trompette et bugle), Heribert Leuchter – même nom de famille sans pourtant en être – (saxophone), Antoine Pütz (basse) et Steffen Thormälen (batterie) jouent avec assurance et doigté tout en mettant en valeur leurs collègues arabes à l’oud, au riq ou au qanoun. L’invitée spéciale Lena Chamamyan contribue son chant et sa voix quasiment extraterrestre à la musique de Manfred Leuchter. Ceci n’est pas la brève rencontre de deux mondes musicaux, ceci est la création d’un nouvel univers musical!

Et pour conclure la meilleure nouvelle pour certains: Ceci est définitivement l’album le plus
accessible dans la longue carrière de Manfred Leuchter. Il est de composition homogène, il est d’une couleur de son profondément conciliante, il ne prêche pas seulement aux oreilles des adeptes, il convaincra également celles que “l’effet Manfred Leuchter“ n’a pu atteindre jusqu’alors. Cet album sera entendu par un vaste public, pour certains ce sera le premier contacte avec la musique de Manfred Leuchter et pour de nombreux le tout premier contacte avec les sons de l’orient. Si jamais il y avait un développement de la musique exotique des années 50 avec les moyens de l’époque contemporaine, ce sera Manfred Leuchter qui aura mis au monde ce nouveau style en donnant naissance son album „Zina“.
Ceci dit, presque sans l’envier

Götz Alsmann



  • Article par Nomade Info

Jeunesse éternelle, malgré ses nombreux plis. Cette citation ne concerne pas ML, mais l’accordéon lui- même, un des instruments les plus intéressants et finalement récent : en 2003, il a fêté ses 100 ans ! Durant sa durée musicale plutôt courte, quelques musiciens talentueux ont su marquer avec l’accordéon des nombreux et différents styles. Bal musette, musique créole cajun, musique Zydeco, et le Tango n’existeraient pas sans le bandonéon, instrument semblable à l’accordéon. L’accordéon autrichien (Steirisch), marque tout le folklore des Alpes. Le «piano des marines» offre des multiples options et souvent il était et est toujours employé de façon brillante. Est–il encore possible, 100 ans plus tard, d’ajouter des nouvelles facettes aux possibilités techniques et musicales de cet instrument, de le définir encore autrement, de créer un style unique en soi ? Manfred Leuchter y arrive.

Compositeur recherché, arrangeur et producteur, il est un petit diable d’homme, qui vit entre ses deux continents, entre l’Europe de l’Ouest (Aix la Chapelle) et l’Afrique du Nord (Marrakech). Il voyage à travers le globe, aspire et digère les cultures les plus diverses, crée sa propre et unique musique, mêlée d’influences afro – orientales, indiennes, européennes – classiques et jazz.
Il explose presque avec sa variété d’idées artistiques et son élan créatif. Et oui, il est un virtuose sur son instrument. Sa musique est le miroir de sa vie et de la notre et quand il invite son public pour un voyage musical fascinant à l’intérieur et autour du monde, le terme « Global Player » prend soudain une signification positive et unificatrice. Il est accompagné sur ses voyages, ses tournées et au studio de son «Quartette fantastique», Heribert Leuchter (aucun lien de parenté) au saxophone avec Christoph Titz à la trompette forment les instruments à vent et une plus grande intensité est garantie lors de leurs improvisations en solo. Antoine Puetz à la basse guitare acoustique et Youngster (Young- star) Steffen Thormaehlen, sont la base raffinée, rythmique et harmonieuse.

Ce quintette incroyablement homogène sonne de façon encore plus extraordinaire quand des instruments parfois exotiques, comme la Darbouka, Quarakeb, Gembri ou aussi la melodica vous offrent des moments musicaux supplémentaires extrêmement surprenants et plein de suspense.
L’orchestre brille chaque seconde, et le leader vous tisse des tapis musicaux, lesquels vous racontent avec brillance la pluie de Marrakech, l’Orient Express ou la vie du chamelier dans « Charmeur de Chameaux ».Touchante et pleine d’intensité, la musique se lève, vous raconte le sourire du clown pour tout de suite vous faire rêver, pleine de sensualité, de la petite douleur (Kleiner Schmerz am Rande ).
Des lignes de mélodies lestes filent devant vous d’une brillance technique extraordinaire, pendant qu’elles vous racontent, avec un clin d’œil, le plaisir des nains (Lust der Zwerge), le rideau de cinéma s’ouvre sur le lever du soleil à M’Hamid, là où la route se termine dans le sable (M’Hamid Sunrise), avant qu’elles s’extasient dans Jambo, d’inspiration est–africaine. Et si les Beatles avaient eu l’occasion d’écouter la version de «And I love her», que Leuchter leur a écrit en hommage, ils auraient peut–être fait autrement…

Source : www.sparito.de

Site officiel : http://www.manfred-leuchter.de



* cover_pasdetrois_240.jpg (16.02 Ko, 278x277 - vu 54 fois.)
« Dernière édition: 24 Janvier 2007 - 20:28 par Patrice » Journalisée

Patrice Clos - France (Gard)
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« Répondre #1 le: 24 Janvier 2007 - 02:42 »

Merci Patrice!
J'ai écouté  Ya Mahla Al Fusha(Que la promenade est belle!) et Arabesque,c'est absolument sublime!Je n'ai toutefois retrouvé ni Marrakech,ni M'hamid Cheesy Et encore moins les instruments typiquement marocains dont on parle dans les articles cités plus haut!Mais c'est peut être exclusivement "Zina"(Belle)!
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« Répondre #2 le: 24 Janvier 2007 - 02:57 »

 Grin Il fallait écouter "Palmyra" et "Macabre"!Deux morceaux d'une beauté qui fuse effectivement l'Afrique du Nord à l'Europe!
Merci encore une fois!
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« Répondre #3 le: 24 Janvier 2007 - 04:02 »

Il y a un morceau intitulé "Quand il pleut à Marrakech", sur le site de Manni, je l'adore. Cheesy
(sur l'album "Arabesque")

Tu le trouveras, c'est certain ! Wink

Patrice.


* cover_arabesque_240.jpg (19.94 Ko, 278x277 - vu 50 fois.)
« Dernière édition: 24 Janvier 2007 - 04:04 par Patrice » Journalisée

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« Répondre #4 le: 25 Janvier 2007 - 00:15 »

Grin Il fallait écouter "Palmyra" et "Macabre"!Deux morceaux d'une beauté qui fuse effectivement l'Afrique du Nord à l'Europe!
Merci encore une fois!

Oui, tout à fait !
Et c'est ce mélange de cultures (musicales et autres) qui fait la richesse des morceaux de Manni.
En effet, quand il n'est pas en tournée, il partage son temps entre l'Allemagne et le Maroc.
Je suis certain qu'il a fait un concert pas loin de chez toi ! Wink

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« Répondre #5 le: 25 Janvier 2007 - 23:54 »

C'est tout simplement, beau...et Patrice impardonnable de ne pas nous en avoir parler plus tôt !

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« Répondre #6 le: 26 Janvier 2007 - 02:03 »

De "Palmyra", "Ya Mahla Al Fusha" ..... à "Quand il pleut à Marrakech" c'est absolument magnifique !

Quelle richesse dans cette musique, ça donne envie de posséder quelques uns de ses albums ...  Cheesy
« Dernière édition: 08 Février 2007 - 00:21 par Daniela » Journalisée

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« Répondre #7 le: 27 Janvier 2007 - 02:47 »

et Patrice impardonnable de ne pas nous en avoir parler plus tôt !

C'est tout simplement parce qu'il y a relativement peu de temps (plusieurs mois) que j'ai découvert les compositions de Manfred Leuchter, ses albums. J'avais déjà beaucoup apprécié son talent avec l'accordéon (pourtant pas mon instrument favori...) quand il joue avec son ami Reinhard Mey, la qualité des prises de son, la gravité de son regard aussi.
Bien sûr, je savais qu'il avait dirigé le prestigieux Philarmonique de Berlin sur la chanson "Lilienthals Traum" en 1996.

Alors j'ai pris le temps de m'imprégner de ses morceaux avant de venir en parler ici, j'aurais pu le faire tout de suite, ayant été immédiatement conquis, mais j'ai voulu écouter et écouter encore...
...ce n'était donc que partie remise !

En tout cas, l'une des plus grandes découvertes musicales pour l'an passé en ce qui me concerne.

J'aime beaucoup les mots de Götz Alsmann, il y a plus que de l'admiration, c'est un sentiment qui va beaucoup plus loin, quelque chose de très fort. A l'image du talent de Manni.

 Cheesy
Patrice.
« Dernière édition: 27 Janvier 2007 - 02:51 par Patrice » Journalisée

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