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Donovan « l’ambassadeur du folk britanique »
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Fil de discussion: Donovan « l’ambassadeur du folk britanique » (Lu 3598 fois)
Daniela
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"j'ai eu le plus étrange des rêves ..
Donovan « l’ambassadeur du folk britanique »
«
le:
01 Mai 2006 - 17:41 »
Donovan
" l’ambassadeur du folk britanique "
Donovan
, c’est d’abord l’ambassadeur du folk britannique des années 60. On lui doit “Catch the wind” et “Colours”, des ballades à la Dylan qu’il interprétait de sa voix délicate, accompagné d’une simple guitare et d’un harmonica.
Donovan, c’est aussi l’un des meilleurs auteurs-compositeurs de la pop music avec des titres plus électriques comme “Sunshine superman”, “Mellow yellow” et “Hurdy gurdy man”.
Depuis les années 70 - à part une retraite volontaire dans la seconde moitié des années 80 -, il n'a jamais cessé de tourner et d'enregistrer, mais sa carrière s'est faite plus discrète.
Son nouvel album, "BEAT CAFÉ", a été enregistré en trio avec deux de ses amis de longue date, le bassiste Danny Thompson et le batteur Jim Keltner.
C'est un album d'inspiration très libre, influencé par la vie de bohême des artistes de la fin du 19ème siècle, notamment ceux qui refaisaient le monde dans les cafés de Montmartre.
La biographie de Donovan
:
Donovan Philip Leitch est né le 10 mai 1946 en Ecosse, à Maryhill, un faubourg de Glasgow. A l'âge de trois ans, il contracte la poliomyélite, mais heureusement, il en guérit très vite. En 1956, sa famille s'installe à Hatfield, dans les environs de Londres.
Au collège, il montre un grand intérêt pour la poésie et les contes d’horreur qu’il invente et illustre lui-même avec talent. Son parcours le conduit aux Beaux-Arts, mais il abandonne au bout d’une année.
C’est au cours de cette enfance en apparence assez banale que Donovan découvre tout ce qui fera plus tard l’originalité de son écriture.
"Mon père me lisait tous ces poètes visionnaires et dès mon plus jeune âge, j’avais quatre ou cinq ans, j’ai eu le sentiment étrange que certains textes m’ouvraient les portes d’un autre monde. A douze ans, je me suis vu allongé sur mon lit. Au moment de m’endormir, j’ai senti que je me détachais de moi-même et je flottais là, au-dessus de mon propre corps. J’en ai fait plusieurs fois l’expérience.
Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est durant mes années beatnik la lecture des quatre livres fondamentaux sur le sujet : d’abord Siddhartha de Hermann Hesse, Sur la route de Jack Kerouac, Hurlement d’Allen Ginsberg. Et puis, voulant en savoir plus sur le mot 'zen' que j’avais découvert dans ces livres et ces poèmes, The way of zen d’Alan Watts. Je savais qu’il existait une voie, je la cherchais et le bouddhisme zen, ce fut le déclencheur, la clé qui m’a ouvert la porte. Il y a aussi des influences celtiques qui viennent de mes origines irlandaises et écossaises. Oui, c’est vrai, je suis mystique. J’écris beaucoup sur ce sujet."
En 1961, Donovan a quinze ans et il prend la route avec un ami, Gypsy Dave. Tous deux parcourent la Grande-Bretagne et le Continent pendant de longs mois, faisant la manche pour assurer leur subsistance. Gypsy Dave joue du kazoo et Donovan, de la guitare et de l’harmonica.
De ses périples à travers l’Europe, Donovan ramène une expérience musicale solide et très diversifiée, ainsi que ses premières chansons.
Donovan a dix-huit ans lorsqu’il revient à Londres. Tout va alors très vite : il joue dans un club lorsqu’il est remarqué par Peter Eden qui devient son manager et qui lui fait enregistrer une maquette.
Cette maquette, que l’on peut retrouver sur la compilation “Donovan - Troubadour”, arrive sur le bureau des producteurs de l’émission télévisée “Ready Steady Go” qui le signent pour un passage.
Lors de sa prestation, au milieu des Mods tirés à quatre épingles, Donovan fait forte impression avec ses jeans et sa casquette de cuir. Son succès est tel qu’il revient pour le show suivant et là, ce sont les dirigeants du label Pye qui lui proposent un contrat.
Un premier single paraît en mars 1965 : c’est “Catch the wind”, un succès immédiat qui se classe N°4 en Angleterre et N°23 aux Etats-Unis.
“Catch the wind” paraît en même temps que le titre de Bob Dylan “The times they are a-changing”. La comparaison entre les deux artistes est inévitable, mais elle s’applique plutôt à la forme qu’au fond.
Donovan n’a rien d’un leader et son propos ne dérange pas. Il n’est pas subversif. C’est un baladin, un troubadour, un rêveur plutôt sage, parfois même naïf. Et si tous deux jouent du folk en s’accompagnant d’une guitare sèche et d’un harmonica, c’est qu’ils ont le même maître.
"Celui qui m’a vraiment influencé, c’est Woody Guthrie. En fait, Joan Baez, Pete Seeger et Woody Guthrie. Woody Guthrie a été le maître de Dylan, il a été mon maître et celui de nombreux artistes. J’aimais ce que faisait Dylan et mon idée, c’était de devenir son alter ego européen, un chanteur folk qui parle des changements sociaux. Je n’avais pas réalisé que le sujet était universel et que mon succès passerait les frontières. Je voulais parler de ce qui se passait en Grande-Bretagne et en Europe. Au début, j’ai donc été catalogué 'protest singer', mais rapidement le mystique qu’il y avait en moi s’est mis à pointer son nez."
Donovan cultive son goût pour la ballade folk tout au long de l’année 1965. En l’espace de quelques mois, il enregistre deux albums : “WHAT’S BIN DID AND WHAT’S BIN HID” (qui reprend “Catch the wind”), et “FAIRY TALE”, qui lui apporte un nouveau succès : “Colours”.
A côté de ses albums, Donovan publie aussi plusieurs singles inédits parmi lesquels deux se détachent tout particulièrement.
Le premier, c'est la reprise d'un titre de Buffy Sainte-Marie, “Universal soldier”, qui constitue son incursion la plus remarquée dans l'univers du protest-song.
Après la reprise de "Universal soldier", Donovan propose un autre single, “Hey Gyp (dig the slowness)”.
Ce titre sera un énorme succès en France, mais dans une autre version, celle d’Eric Burdon & The Animals.
Fin 1965, Donovan en a assez de traîner l'étiquette de “Dylan écossais”. Il décide de donner un ton plus pop à sa musique, et pour cela, il contacte le producteur et manager Mickie Most, un orfèvre en la matière.
En l’espace de trois heures, il met en boîte “Sunshine Superman”, presque certain de détenir un tube. Mais pour des raisons que Donovan nous explique, la chanson reste dans un tiroir.
"Une maison de disques voulait me garder, une autre se battait pour m’avoir, et moi, j’étais au milieu. Ce n’est pas si simple de changer de label. La sortie du disque était bloquée par les tribunaux et la suite de ma carrière, plutôt mal engagée. La presse écrivait que j’étais fini et je le pensais aussi. J’ai donc tout plaqué et je suis parti en Grèce avec mon copain Gypsy Dave. On se disait : 'C’est râpé mais on s’en fout.' Là-bas, on a vécu deux mois à la manière de Zorba le Grec et de son ami anglais. C’était durant l’été 66 et le disque était en boîte depuis six mois. Un jour, on était à la taverne du coin et le téléphone se met à sonner. C’était mon manager. Il me dit : 'Rentre, et en vitesse : Sunshine superman est N°1 aux Etats-Unis'. Et tu sais quoi ? On n’avait même pas l’argent pour prendre le bateau."
Fort de son N°1 américain, Donovan fait sa réapparition sur scène au festival de Newport en juillet 66 où il chante notamment “Colours” en duo avec Joan Baez. L’album “SUNSHINE SUPERMAN” paraît en septembre. C’est une grande réussite où se combinent avec bonheur le folk, le rock, le jazz et le classique, sans doute un des meilleurs disques du chanteur. "
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Dernière édition: 02 Mai 2006 - 13:27 par daniela
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Daniela
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"j'ai eu le plus étrange des rêves ..
Re : [b]Donovan « l’ambassadeur du folk britanique »[/b]
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Répondre #1 le:
01 Mai 2006 - 17:51 »
Donovan
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suite ...
Dès novembre 1966, le très prolifique Donovan propose déjà un nouvel album, “MELLOW YELLOW”, dont le titre générique est N°2 aux Etats-Unis. Ceux qui ont l’ouïe particulièrement fine ont reconnu la voix de Paul McCartney qui murmure “That’s right” tout au long de la chanson.
"C’est bien Paul McCartney qui chante sur Mellow yellow. Il faisait partie des invités de cette session particulière. On le faisait assez couramment : il venait à mes sessions et j’allais aux siennes et on a même enregistré ensemble chez lui. Vous le savez peut-être, c’est John Paul Jones - à l’époque futur bassiste de Led Zeppelin - qui a arrangé Mellow yellow, tout comme Hurdy gurdy man, sur lequel il tient aussi la basse. Pour moi, Mellow yellow n’était qu’une petite chanson stupide, de celles que l’on reprend en chœur avec quelques amis dans les noces ou les banquets. Elle est montée jusqu’à la deuxième place aux USA, ce qui est extraordinaire."
Donovan est désormais considéré comme l’un des meilleurs auteurs-compositeurs britanniques de sa génération. Il est l’ami des plus grands et en particulier des Beatles avec lesquels il a noué des liens très étroits. On vient de voir que Paul McCartney chante sur “Mellow yellow”. Il faut aussi rappeler que “Sunshine superman” est sous-titré “For John and Paul”.
Ce que l'on sait moins, c'est que sur “Julia” et “Dear Prudence”, John Lennon utilise une technique de guitare que Donovan lui a apprise.
En revanche, on peut lire un peu partout que Donovan est l’un des nombreux choristes qui reprennent allégrement le refrain de “Yellow submarine”. Sur ce dernier point, la réalité est encore plus forte que la légende.
"On raconte que je chante sur Yellow submarine, mais c’est inexact. Par contre, je suis l’auteur d’une ligne du texte. Voilà l’histoire. Un jour, Paul est venu me rendre visite avec deux nouvelles chansons : la première faisait comme ça : (il chante). Bien sûr, vous l'aviez reconnue, c'est une première version d’Eleanor Rigby. L’autre chanson, c’était Yellow submarine, et il voulait cette ligne. Je pensais : 'On est là, à Londres, dans mon appartement, le soleil brille et c’est Paul McCartney, qui peut écrire vingt chansons en quatre heures, et il me demande ça à moi !' Bref, je me suis isolé dans ma chambre et j’en suis ressorti avec cette phrase : 'Sky is blue, sea is green, in a yellow submarine'. C’est ma contribution à l’œuvre des Beatles."
Après “Mellow yellow”, Donovan continue d’aligner les succès avec une étonnante facilité et, à la manière des Beatles, il se permet de sortir des singles inédits, comme “Epistle to Dippy” et “There is a mountain”, qu’on ne retrouve pas sur ses albums.
Les albums de Donovan deviennent de plus en plus ambitieux. En décembre 1967, “A GIFT FROM A FLOWER TO A GARDEN” est un coffret qui comprend deux disques.
Le premier, “FOR LITTLE ONES”, contient des chansons pour enfants ; le second, “WEAR YOUR LOVE LIKE HEAVEN”, est destiné à leurs parents.
Le tube du moment, c’est “Jennifer Juniper”, mais une fois encore, c’est un single isolé qui ne figure pas dans le coffret qui vient de sortir.
En février 1968, Donovan accompagne les Beatles en Inde où ils suivent un nouveau stage de méditation transcendantale auprès du célèbre maharishi Mahesh Yogi. De ce voyage, il ramène une nouvelle chanson et une nouvelle collaboration avec l’un des Fab Four.
"
J’étais aux Indes avec George Harrison et c’est là qu’il a écrit un couplet de Hurdy gurdy man. Mais je ne l’ai pas enregistré pour laisser la place au solo de guitare que je jugeais extraordinaire. Au départ, je voulais donner la chanson à Jimi Hendrix. Je le connaissais depuis son arrivée en Angleterre parce que mon ami Gypsy Dave fréquentait une Suédoise dont la meilleure amie, une autre Suédoise, sortait avec Chas Chandler, le manager de Jimi. Et ils nous ont présentés. Je voulais donc donner la chanson à Jim Hendrix, je ne voulais pas l’enregistrer. Mais Mickie Most a dit : 'Pas question'. Il voulait que ce soit mon prochain single. 'Très bien, ai-je répondu, alors je veux Hendrix pour le solo'. Mais Jimi était en tournée et il ne pouvait absolument pas se libérer. Il a fallu trouver quelqu’un d’autre et finalement c’est Jimmy Page et Allan Holdsworth qui sont les auteurs de cette fantastique démonstration de guitare."
Après l'album “THE HURDY GURDY MAN”, Donovan publie le single "Lalena", toujours en 1968. Lalena n'est pas une jeune femme que le chanteur a connue, mais un personnage qu'il a imaginé et pour lequel il a inventé un prénom à partir du nom de l'actrice allemande Lotte Lenya.
C'est elle qui tient le rôle principal dans l'adaptation cinématographique de "l'Opéra de quat' sous" de Bertolt Brecht, une œuvre qui l'avait fortement marqué.
Depuis 1965, le succès de Donovan ne faiblit pas. Les deux albums qu'il vient de publier en 1968, "THE HURDY GURDY MAN" et "DONOVAN IN CONCERT", font une belle carrière des deux côtés de l'Atlantique.
Après avoir publié un nouveau single, “Atlantis”, Donovan obtient son premier rôle important au cinéma dans le film de Mel Stuart “If it’s tuesday, this must be Belgium”, dont il a aussi composé la musique.
En juin 1969, il chante à Hyde Park lors du gigantesque concert d’adieu à Brian Jones.
C'est à ce moment que sort “Goo goo Barabajagal (Love is hot)”, un nouveau single qu’il a enregistré avec le Jeff Beck Group. C’est son dernier gros succès, aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis.
Le 30 août 1970, Donovan se produit à l’île de Wight accompagné par le groupe Open Road.
L’album qui suit porte le nom du groupe, “OPEN ROAD”, et se veut une approche du "rock celtique". Ce travail laisse augurer d’un net retour en forme, mais il restera malheureusement sans suite.
En octobre 1970, Donovan épouse son amie de longue date, Linda Lawrence. De leur union naîtront deux filles, Astrella et Oriole, qu’ils élèveront au côté de Julian, le fils que Linda avait eu précédemment avec Brian Jones.
Donovan a également deux enfants d’une précédente liaison avec une américaine prénommée Enid : Donovan Leitch Jr. et Iona Skye. Tous deux sont devenus acteurs et vivent aux Etats-Unis.
Lorsque Donovan réapparaît en septembre 1971, c’est seul et avec un nouveau double album de chansons enfantines, “H.M.S. DONOVAN”.
Mais cette-fois, il se heurte à une incompréhension quasi générale et le disque ne sort même pas en France.
"Je crois que la maison de disques ne l’aimait guère, mais j’étais honnête. J’avais de jeunes enfants et j’avais besoin d’exprimer ces chansons qu’ils m’avaient inspirées. Le problème, c’est qu’avant ce double, H.M.S. Donovan, j’avais déjà sorti un coffret, A gift from a flower to a garden, très difficile à vendre. A l’époque, Clive Davis, le patron d’Epic à New York, m’avait déjà fait cette réflexion : 'C’est pour les enfants, ce n’est pas du rock.' Et j’avais répondu : 'C’est pour les enfants et les parents : c’est du Donovan.' Mais malgré mon opposition, il l’a sorti en deux albums séparés : celui pour les enfants et celui pour les parents. Un an plus tard, il était disque d’or, mais sur le coup, la presse n’avait pas compris. Ils espéraient un nouveau Mellow yellow, un nouveau Sunshine superman."
Après l'échec commercial de son double album pour enfants, Donovan s’exile en Irlande pour échapper au fisc. Il délaisse quelque temps la chanson pour se consacrer au cinéma.
En 1972, il tient le rôle principal dans le film de Jacques Demy, “Le joueur de flûte”. L'année suivante, il incarne saint François d’Assise dans “Brother Sun, Sister Moon” de Franco Zeffirelli, dont il signe également la musique.
En 1973, Donovan retrouve enfin les studios. Il fait d'abord une apparition surprise aux côtés d'Alice Cooper, avec qui il chante sur “Billion dollar babies”.
Puis il revient à sa propre carrière avec “COSMIC WHEELS”, un album à l’imagerie très ésotérique, illustré par le single “Maria Magenta”.
En décembre 1973, Donovan propose “ESSENCE TO ESSENCE”. L'album, qui a été produit par Andrew Oldham, a été enregistré avec la complicité de Peter Frampton, Carole King, Steve Marriott et Nicky Hopkins.
C’est le dernier disque britannique de Donovan qui décide alors de s’installer avec toute sa famille aux Etats-Unis, plus particulièrement en Californie.
En décembre 1974, Donovan publie “7-TEASE”, un album réalisé à Nashville sous la direction de Norbert Putnam et avec la participation de Buffy Sainte-Marie.
C'est la version discographique du spectacle qu'il a proposé tout au long de l'année en Californie, un spectacle très théâtral avec des danseurs, des costumes, des jeux de lumières et de nombreux effets visuels.
Donovan passe l'essentiel de l'année 1975 à tourner en Australie et en Nouvelle-Zélande, avant de rejoindre les Etats-Unis, où il enregistre un album qu'il a produit lui-même et qui paraît en juin 1976, “SLOW DOWN WORLD”.
Sur ce disque, il se définit lui-même comme un “well-known has-been”, un “has-been célèbre”, menant une vie retirée entre femme et enfants.
Depuis sa retraite californienne, Donovan continue à publier un album de temps à autre : “DONOVAN” en octobre 1977, “NEUTRONICA” en août 80, “LOVE IS ONLY FEELING” en octobre 81, puis “LADY OF THE STARS” en janvier 84.
L’ancien beatnik reste fidèle à ses idées. Il participe en 1981 au “SECRET POLICEMAN’S OTHER BALL”, organisé au profit d’Amnesty International.
L'année suivante, il chante au festival Peace Sunday à Los Angeles en faveur du désarmement. Il tourne aussi, assez régulièrement. Mais du point de vue discographique, c’est le silence jusqu’en 1990.
Suite ....
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Répondre #2 le:
01 Mai 2006 - 18:11 »
Donovan
Suite et fin ...
En 1990, les Happy Mondays - un des groupes anglais les plus en vue de l'époque - clament haut et fort leur admiration pour le créateur de “Sunshine superman”.
Ils lui dédient même une chanson intitulée “Donovan”. On peut la retrouver sur leur album “Pills & thrills & bellyaches”, qui est un best-seller en Angleterre.
Cet hommage aussi appuyé qu'inattendu incite Donovan à sortir de sa semi-retraite.
"En 1990, j’ai senti un élan. Ma musique fonctionne mieux quand elle reflète un mouvement, et ce mouvement, ce sont les années 60. Et voilà que les télévisions, les radios se mettent à parler pollution, environnement, méditation, santé, médecines alternatives, toutes ces idées nouvelles qui avaient fleuri durant les années 60. Elles n’étaient plus cantonnées aux cafétérias, aux campus, aux clubs de jazz ou aux librairies. On en débattait dans les grands médias, dans l’establishment. Et je me suis dit que ce monde était peut-être prêt à écouter à nouveau les chansons de Donovan. C’est ce que j’ai ressenti."
Donovan, qui est revenu s’installer en Irlande, effectue alors une grande tournée en première partie des Happy Mondays.
En novembre 1990, paraît un disque "live" intitulé, selon les pays, “DONOVAN RISING – THE CLASSICS LIVE” ou “25 YEARS IN CONCERT”.
C’est une relative déception, dans le sens où l'album n’est pas le reflet de cette tournée, mais celui de plusieurs concerts donnés à Londres entre 1982 et 86. Le point fort du disque, c’est lorsque Donovan raconte son expérience indienne avec les Beatles et le maharashi, et qu'il chante le couplet oublié de “Hurdy gurdy man”, écrit par George Harrison.
En 1992, Sony / Legacy publie le double CD "DONOVAN -TROUBADOUR, THE DEFINITIVE COLLECTION 1964 - 1976", une rétrospective quasi parfaite des grandes heures de sa carrière.
Mais il faut attendre octobre 1996 pour voir arriver un nouvel album original, le premier depuis douze ans.
Ce disque, “SUTRAS”, est né de la rencontre du chanteur avec Rick Rubin, l’un des producteurs les plus doués du moment.
Rick Rubin, qui est aussi le propriétaire du label American Recordings, a produit, sans faire le moindre faux pas, des artistes aussi divers que les Beastie Boys, les Red Hot Chili Peppers, Johnny Cash ou Slayer.
Son secret : des goûts sûrs, une méthode appropriée à chaque artiste, et l’envie d’écouter, de guider, sans jamais imposer.
"Au début, Rick a écouté quelques chansons qui dataient de la fin des années 80, mais elles exhalaient trop la mélancolie de l’époque où je les avais écrites. Il préférait nettement celles, plus optimistes, que j’étais en train d’écrire. Chaque semaine, depuis l’Irlande, je lui en envoyais quatre ou cinq nouvelles et il faisait ses commentaires ou bien je partais le rejoindre deux ou trois mois en Californie. Et là, il m’emmenait dans les librairies new-age, les librairies ésotériques que je fréquentais dans les années 60 et il me demandait : 'Quel livre lisais-tu quand tu as écrit Hurdy gurdy man ? Quel livre lisais-tu quand tu as écrit Sunshine superman ? Cela peut sembler bizarre, mais c’est comme ça que nous avons appris à nous connaître. L’album nous a occupé deux ans et demi. Nous avons travaillé sans hâte, sur une base de cent chansons. Nous avons commencé à les éliminer une par une. Dans quel but Rick agissait-il ainsi ? Parce qu’il cherchait quelle direction donner à l’album. Et petit à petit, à force d’élaguer, il a trouvé : il voulait le Donovan troubadour avec sa guitare acoustique. Et je voulais la même chose."
“Sutras” propose quatorze titres dans la lignée du Donovan de 1965, celui de “Colours” et de “Catch the wind”.
Il est seul avec sa guitare acoustique et son harmonica, ou accompagné très discrètement par Danny Thompson (son bassiste et ami de toujours), Dave Navarro (le guitariste des Red Hot Chili Peppers), Benmont Tench et Steve Ferrone (des Heartbreakers), ou encore Josh Hayden du groupe Spain. Le violoniste Nigel Kennedy est lui aussi présent sur un titre.
Quant aux thèmes des chansons, ils n’ont pas varié depuis ses débuts.
"Toujours les mêmes sujets, les mêmes thèmes : la déesse, l’écrivain romantique, la femme, la femme-planète, la femme-lune, les sentiments féminins de la nature et des enfants. Tu retrouves toutes les idées que j’avais développées dans mes précédents succès mais - et c’était la volonté de mon producteur Rick Rubin - exprimées d’un point de vue adulte, mature, celui du Donovan d’aujourd’hui. Lorsque je me suis mis à écrire ces chansons, il y a deux, trois ans, j’ai vu apparaître un Donovan plus âgé, un peu mélancolique, un peu nostalgique. Il ne s’agissait pas de tristesse, juste de la mélancolie, une sorte de nostalgie à l’idée du chemin parcouru depuis le jeune homme, le jeune poète, jusqu’au Donovan des années 90. Il y ce sentiment qui flotte de manière diffuse sur ce disque. Mais sans plus : c’est très furtif."
En mars 2002, Donovan propose un nouvel album pour enfants, "PIED PIPER". Puis il publie "SHE", un recueil de poèmes dédiés à la femme.
En février 2004, il fait paraître "SIXTY FOUR", un disque où l'on peut retrouver neuf titres qu'il avait enregistrés en 1964, à l'âge de 18 ans, un an avant la reconnaissance de son talent.
En 1968, John Lennon avait dit : “Donovan est aussi important et influent que peuvent l'être Bob Dylan ou les Beatles. Ecoutez-le : cet homme est un poète”.
Depuis, les années ont passé, mais l'artiste est resté le même. Avec ses mélodies dépouillées, sans artifice, Donovan réaffirme son génie musical dans son nouvel album, "BEAT CAFÉ".
Ce disque, qui navigue entre le jazz, le folk, le rock et le blues, est un travail fortement marqué par la réflexion philosophique, la poésie et la liberté de penser. «
Lien :
http://www.rtl.fr/info/article.asp?dicid=219181
______________________________________________
Quelques liens
:
Pour écouter un extrait des chansons de son dernier album (sorti en août 2004) :
http://www.amazon.com/gp/product/B0002IQHZM/104-6359194-4569564?v=glance&n=5174
Sur d’autres albums :
http://mp3phoenix.net/en/Album-mp3-Fairytales-And-Colours/458989
Sur « Donovan lyrics » :
http://www.lyricsdownload.com/donovan-lyrics.html
Sur la collection de DVD sortis en Septembre 2005 :
http://www.dealtime.com/xPF-Try_For_The_Sun_CD_DVD_Box_Limited_Donovan_Rock_2004556473
_________________________________
Son site officiel :
http://www.donovan.ie/Gallery-frame.htm
(mais tout n’est pas accessible, son site est apparemment en modification – voir : « lifeline »)
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Répondre #3 le:
01 Mai 2006 - 18:31 »
Et voici un article du Magazine Popnews relatant le contenu d'une interview réalisée en Mai 2005 avec Donovan :
" POPNEWS Mai 2005 - interview DONOVAN "
« Cet homme-là, on le connaît depuis toujours.
Depuis qu'enfant, le classique pop "Mellow Yellow" est entré dans nos têtes, bien sûr, mais aussi depuis le jour où l'on a découvert, sur une photo mythique, cette silhouette de troubadour frisé tout de jaune vêtu, escortée par Mia Farrow et les Beatles lors de leur voyage en Inde en 1968.
A bien y réfléchir, pourtant, on le connaît finalement peu. De la discographie de l'écossais Donovan Leitch, entamée au milieu des années 60, c'est peu dire que de vastes pans demeurent méconnus, éclipsés par l'ombre un poil écrasante de ses "compagnons de promo" plus volontiers adoubés par la postérité (de Dylan aux Beatles).
C'est donc avec un commun mélange d'émotion et d'incertitude que l'on s'apprête, au rez-de-chaussée du luxueux hôtel parisien où il fait escale, à le rencontrer. Par chance, l'homme tient une forme olympique. Plus loquace et enjoué que l'on eût osé le rêver, il est bel et bien, à l'approche de la soixantaine, ce papillon gracile et épanoui, ravi d'évoluer depuis toujours dans un écosystème musical bien plus riche que le seul axe folk-baba auquel il demeure souvent associé, et extrêmement désireux que l'on vienne l'applaudir à son prochain concert parisien (le 9 mai, au Trianon). Tentation à laquelle, après écoute de son très décent dernier album "Beat Cafe" et au terme de l'entretien qui suit, on ne se sent guère de résister.
Entre votre précédent album, "Sutras" (1996), et le dernier, "Beat Cafe" (2004), huit années se sont écoulées. A quoi avez-vous occupé ce si long laps de temps ?
(lascif) A paresser... Je suis vraiment paresseux. Mais j'ai besoin également d'être inspiré. Je ne suis pas obligé de travailler. Je suis tellement heureux. Mes publications marchent à merveille, mes anciens albums se vendent bien, tout cela tend à me rendre un peu flemmard.
Il y a 3 ans, Linda, mon épouse, ma muse, ainsi que ma famille et mes amis m'ont fait remarquer que l'année 2005/2006 marquerait le 40ème anniversaire de mes débuts de musicien.
"Il y a eu l'"Anthology" des Beatles, le "Fourty Licks" des Rolling Stones, maintenant c'est ton tour", m'ont-il dit.
Car je suis en quelque sorte le petit frère des Stones, des Beatles, de Bob Dylan, je suis juste un peu plus jeune qu'eux.
Je me suis dit : chouette. Je vais finir mon autobiographie, "The Hurdy Gurdy Man", qui est prête et sortira en octobre. Un DVD documentaire va paraître en 2006, nous allons entamer une tournée mondiale en octobre 2005, Sony et BMG ont prévu un coffret de 3 CD, EMI un autre de 4 CD... La fête va bientôt commencer.
Néanmoins, j'ai pensé qu'il fallait que je fasse un nouvel album, pour que tout le monde sache que je sais toujours écrire des chansons, enregistrer des disques. Je ne suis pas mort. C'est très important, au moment de célébrer 40 ans de carrière, d'être VIVANT. Il est aussi crucial d'avoir encore des cheveux, d'avoir la forme. Donc j'ai tous mes cheveux, je suis mince
(se mettant de profil pour nous prendre à témoin de sa silhouette de jeune homme)
, en bonne santé.
Et je suis impatient de représenter toutes mes anciennes chansons, tous les hits, qui continuent de représenter quelque chose de fort pour la jeune génération.
Mais avant cela, il fallait faire un nouveau disque. Je suis donc parti en studio avec le producteur John Chelew, le bassiste Danny Thompson. Et ma femme m'a dit : "tu cherches un batteur ? Prends donc Keltner. (Jim Keltner, batteur de sessions pour à peu près tout le gratin du rock depuis 35 ans, ndlr)" Soudain, on s'est alors retrouvés avec trois Maîtres : Danny Thompson, Jim Keltner et moi !
Et le résultat fut "Beat Cafe". "Beat Cafe" est une forme d'introduction aux années 40.
D'où venaient les sixties ? Des cafés bohémiens, de la scène beat et rhythm & blues des 50's, du jazz, du folk, de la poésie, de la musique classique, de la musique world, de la musique des Caraïbes, de la littérature, de l'écologie, du féminisme, des chansons anti-militaires... Je voulais donc explorer, ainsi que je le fais dans mon livre, ce qui, avant les Beatles, Dylan, Donovan ou Neil Young, a été le mouvement Beat avec le jazz, le blues, Vogue... Voilà pourquoi ce nouveau disque était important.
Et ce nouveau disque est très enjoué, groovy. On sent que vous avez pris plaisir à le faire.
Yeah man ! Et vous l'aimez ? Ah ! Ca me fait vraiment plaisir, parce que l'ombre des sixties est si écrasante. Quand Mc Cartney ou Jagger publient des albums solo, les gens ont l'air souvent résignés : "Hum... Ca ne vaut pas les Beatles ou les Stones". Je redoutais vraiment, avec ce nouvel album, qu'on me dise : "Oui, bon, c'est pas mal, mais ça n'est pas du niveau du Donovan des 60's". Et finalement, Dieu merci, j'ai obtenu 3 étoiles dans Rolling Stone, 4 étoiles dans The Independent... C'est cool. Je savais que le disque était cool, mais tout le monde allait-il être du même avis ? Et je pense que "cool" est vraiment le terme approprié, car ce n'est pas un disque pop, ni vraiment jazz, ni folk. C'est une "mixture Donovan"
(rires)
C'est un disque qui sonne très américain...
Vraiment ? Fantastique ! Mais très celtique, également. On y retrouve cet espèce de mantra, vous voyez, avec ce son de basse extrêmement profond de Danny Thompson. En tout cas, pour moi, Danny est le nouveau Thelonious Monk, c'est vraiment LE patron. Keltner fut extraordinaire aussi. Il ne joue pas de jazz, pourtant. Il a joué sur de merveilleux albums de Ry Cooder, George Harrison, Bob Dylan. Mais ce projet "Beat Cafe" avait une vraie dimension expérimentale, de fusion.
Il y a sur l'album une reprise d'une très vieille chanson américaine, "The Cuckoo". Pourquoi ce choix ?
OK. Nous étions en studio, avec Jim et Danny, dans ces fameux studios Capitol, à Los Angeles, qui sont l'équivalent américain des studios d'Abbey Road à Londres.
Lorsqu'on se balade un peu dans les studios Capitol, on tombe sur des photos de Peggy Lee, Frank Sinatra, Nat King Cole, The Beach Boys. A Abbey Road, c'est la même chose avec Donovan, The Beatles, Cilla Black, le Royal Philharmonic Orchestra. D'emblée, cela crée un feeling particulier. On a enregistré sept chansons en trois jours, sans le moindre accroc.
Un beau jour, j'étais en train d'accorder ma guitare ; or assez souvent, sans réfléchir, je joue pour ce faire "The Cuckoo". Jim Keltner m'a alors demandé : "Quelle est cette chanson des montagnes ?" Il voulait parler de la musique des Appalaches, jouée au banjo. Alors, nous l'avons jouée deux fois. John, notre producteur, a jugé les prises satisfaisantes. Je ne comprenais pas pourquoi Jim était si fasciné par cette chanson, mais il m'a expliqué : "on vient de dépasser ("outcashed") Johnny Cash !"
Il avait toujours rêvé de jouer sur un album de Johnny Cash, mais n'en avait jamais eu l'opportunité ! Il a donc joué exactement comme s'il avait été lui. Ensuite, nous avons laissé la chanson de côté et avons repris l'enregistrement de "Beat Cafe".
Puis on s'est demandé : "où est donc passé "The Cuckoo" ?" La bande avait été jetée. On a donc décidé de la refaire pour le disque. Car une partie des cafés bohémiens jouait de la musique folk, du banjo, de la musique des Appalaches. Sans la musique des Appalaches, je ne pense pas que la musique pop aurait pu voir le jour en Amérique. Il n'y aurait pas eu le rockabilly.
A la base, "The Cuckoo" est une vieille mélodie irlandaise, avec cette espèce de grosse rythmique, boom-tchik-a-boom, qu'on retrouve au Maroc, au Pays Basque, en Bretagne.
Sur "Sutras", vous étiez entourés de nombreux musiciens additionnels (Dave Navarro, Nigel Kennedy...). Sur "Beat Cafe", vous vous êtes recentrés sur ce noyau de 3 musiciens. Allez-vous jouer dans cette configuration là à Paris ?
Jim Keltner ne sera pas là, car il n'aime pas faire des tournées et restera donc à Los Angeles. Quelquefois, en cas de force majeure - si par exemple, le batteur de Dylan s'est coupé le doigt - il viendra à la rescousse de Dylan. Il y a un an, tandis qu'il répétait pour la tournée de Bob Dylan, Bob lui a joué 5 chansons. Jim l'a alors interrompu et lui a dit : "Stop. Arrête de jouer, je connais tes morceaux". Tout le monde connaît ces morceaux (rires), mais Jim les connaît si bien qu'il n'a même pas besoin de les répéter.
Suite
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Re : [b]Donovan « l’ambassadeur du folk britanique »[/b]
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Répondre #4 le:
01 Mai 2006 - 18:38 »
Suite ...
Et ce fut la même chose avec "Beat Cafe".
Il lui suffisait d'entendre les chansons une seule fois pour pouvoir les enregistrer. J'ai commencé l'album tout seul, et John Chelew m'a dit : il y a quelque chose dans tes morceaux, une forme de mantra. Il m'a suggéré d'attaquer l'album avec juste cette espèce de secousse vocale, rhââ-hâ-hâ-ha...
Pas de chanson, pas de contrat, pas de manager, pas de tournée. C'était vraiment un projet Beat, dans l'esprit. Puis Danny nous a rejoint.
J'ai écrit "Love Floats", et le mantra est vraiment le fil conducteur du disque. J'ai ensuite pensé à écrire des chansons en fonction du jeu de basse de Danny. Vous connaissez "Fever", de Pegy Lee ? (mimant le son de basse de la chanson) , "Doum - doum - doum...". J'ai voulu écrire une chanson dans le même esprit.
C'est là qu'on a réalisé qu'on était en train de faire une forme de folk-blues-classique bohème. Et nous nous sommes dits : restons en trio. J'ai refusé qu'on prenne un claviériste supplémentaire. John Chelew s'est occupé de jouer du clavier, bien qu'il ne soit pas claviériste à proprement parler. Et c'était aussi bien.
Dans une formation à 3, que vous preniez Cream, Hendrix ou les Who, vous ne pouvez pas vous louper. Cela maintient un grand espace entre chaque instrument. Pas besoin d'harmonica non plus. Juste le trio. "The simpler, the better".
Repartons, si vous le voulez bien, dans les années 60. Entre vos tous premiers disques, comme "Fairy Tale" (1965), et ceux de la deuxième partie des sixties, vous évoluez assez rapidement d'un folk très basique à la formule beaucoup plus pop qui vous a rendu célèbre. Pouvez-vous nous expliquer un peu les raisons de cette évolution ?
Je pense que ce sont les Beaux-Arts qui en sont responsables.
John Lennon, Bob Dylan, Pete Townshend et moi-même avons tous étudié aux Beaux-Arts. C'était réellement l'endroit où il fallait aller à l'époque. Les filles y étaient plus jolies, la musique était plus cool, on y écoutait du jazz, du blues, du folk, c'était la vie de bohème.
Je voulais aussi faire les Beaux-Arts car je pratiquais la peinture et la photographie. Ce n'était pas comme l'ordinaire des pubs, des clubs et des facs. C'était fantastique. Il se passait tellement de choses alors. Pete Townshend avait créé le visuel Pop Art des Who, vous voyez, cette veste avec le design de l'Union Jack. Moi-même, j'adorais l'Art Nouveau. A un certain stade, je suis devenu très romantique. Brian Jones portait toujours des vestes en velours. Nous nous efforcions de nous habiller comme nos chansons. Nous cultivions alors ce concept de "collage"
(en français dans le texte)
, consistant à assembler différents éléments tels que la photographie, la peinture, les lettres... Ce n'était pas nouveau, au début du XXe siècle, Braque ou Picasso en faisaient de même. Bref, lorsque j'ai commencé à écouter d'abord de la pop (Buddy Holly, les Everly Brothers...), du folk (Woody Guthrie, Pete Seger...), à m'intéresser, grâce à mon père, à la poésie, j'ai éprouvé l'envie d'étudier l'art et de m'intéresser au collage.
Puis je me suis mis à écouter du blues, de la musique classique, de la bossa nova, de la musique des Caraïbes, de la musique japonaise, de la musique inuit, des chants Grégoriens, vraiment tout.
C'est là qu'est apparue l'envie de rassembler toutes ces formes musicales. "Sunny Goodge Street" est la première chanson sur laquelle j'ai tenté de mélanger musique classique et jazz. Et ça fonctionnait, le résultat était drôlement bon.
Mais dès 1965, si vous réécoutez une chanson comme "Turquoise", vous verrez que l'harmonica a déjà ce son très particulier de mouettes, wha-wha-wha-whaaaaa.
Puis fin 1965, début 1966, tout se mélange : clavecin, congas, contrebasse, basse électrique, pop, guitare acoustique, guitare électrique. Le leitmotiv alors était vraiment : "il n'y a pas de règles. Brisons-les toutes !"
L'un de nos premiers souvenirs musicaux d'enfance est la chanson "Mellow Yellow", qui connut un énorme succès en France, et continue de passer régulièrement sur les ondes. Quelle relation avez-vous avec ce morceau ?
Je joue encore mes tubes. Certains artistes n'aiment pas leurs chansons les plus connues. Peut-être celles-ci leur évoquent-elles de mauvais souvenirs, parce qu'ils haïssent désormais le type qui jouait de la guitare dessus, ou bien parce qu'ils ont perdu tout leur argent depuis, je ne sais pas.
Moi, je suis un artiste solo et je chante ma propre histoire.
Au concert de Paris, il y aura deux parties : une première, acoustique, avec peut-être une contrebasse sur "Colours" et "Sunny Goodge Street" ; puis une seconde, électrique, avec le groupe. Il y aura 5 chansons de "Beat Cafe", mais la majeure partie de mon répertoire sera constituée de hits, que j'aime toujours.
Nous jouerons aussi quelques chansons un peu plus "cultes" des albums, comme "The Battle of Geraldine", "To Try for the Sun", "Josie"... Donc, vous le voyez, je n'ai aucun complexe par rapport à mes chansons.
J'adore "Mellow Yellow", je trouve que c'est un titre extraordinaire. Son niveau de popularité est devenu si incroyable... Il y a 3 ans, Gap l'a utilisée à des fins publicitaires et ça a permis à toute une nouvelle génération de la découvrir. La plupart de mes autres hits, comme "Season of the Witch", "Sunshine Superman" ou "Hurdy Gurdy Man" ont généré des ventes comparables, mais aucun ne possède la dimension quasi-iconique de "Mellow Yellow". Je suis le garçon "mellow"
(doux, tendre
). Je suis tellement doux...
Et pourquoi "Yellow" (jaune) ?
Et bien, Paul Mc Cartney disait que c'était à cause de "Yellow Submarine". J'ai écrit deux lignes de "Yellow Submarine", le saviez-vous ? J'ai écrit "Sky of blue and sea of green / In a yellow submarine". J'admets que ce ne sont pas les deux lignes les plus inoubliables de l'Histoire - et ce n'était de toute façon qu'une reformulation de ce que Paul avait déjà écrit. Mais il disait qu'il lui manquait deux lignes, alors bon, j'avais écrit ça.
Et lorsque j'ai fait "Mellow Yellow", il m'a interpellé sur le mode : "Ah, je vois. Encore "Yellow", comme par hasad...". Non, en fait, le jaune se réfère au safran, qui est la couleur des robes que portent les moines Bouddhistes. Cela a donc à voir avec le safran dans toutes ses acceptions : l'épice, la fille et la robe.
Il y a également un lien avec les couleurs utilisées en peinture. Comme je vous l'ai dit, nous avions fait les Beaux-Arts. Quand nous ne peignions pas, nous écrivions des chansons et les couleurs pénétraient alors la musique. J'ai également fait une chanson qui s'appelle "Colours", une autre "Wear Your Look Like Heaven", qui parle de bleu prussien, de cramoisi... Les couleurs sont très importantes dans mes chansons.
Il y a ces temps-ci un revival folk, avec des jeunes gens épris de "Flower Power" et du mode de vie des sixties, comme Devandra Banhart, Cocorosie... Les connaissez-vous ?
Bien sûr, je connais ces gens, enfin pas tous. Je suis en tout cas au courant de ce revival folk, et je pense que c'est une bonne chose.
Ce n'est pas une attitude rétrograde, simplement, la musique a toujours besoin de retourner à ses racines.
Sur un plan matériel, il est assez coûteux de monter un groupe, alors que là, une voix et une guitare suffisent. Que ce soit les Beatles ou même Dire Straits, tous écrivaient d'abord leurs chansons sur une guitare acoustique, avant de passer à l'électrique pour l'enregistrement. C'est valable aussi pour Buddy Holly, les Everly Brothers, les premières chansons d'Elvis... Toujours, retourner aux racines. Ca vaut aussi pour l'attitude vestimentaire et le mode de vie, comme vous le disiez.
Il y a ce livre, "The Indigo Children", qui parle bien de cette nouvelle génération, celle des enfants de nos enfants. Ceux-ci recommencent à se prévaloir de la liberté acquise au cours des années 60. Car nous avons alors ouvert énormément de portes, qui étaient toutes cadenassées dans les années 50.
Il ne faut pas oublier qu'en 1963, les Beatles, les Stones et Donovan étaient interdits de passage radio en Grande-Bretagne. C'était jugé trop moderne, révolutionnaire. Les seules choses qui avaient le droit d'antenne alors étaient du genre
(chantonnant une ligne de contrebasse jazzy à la "Pink Panther")
ou à la limite un peu d'Elvis. Tout cela a favorisé le développement des radios pirates, qu'on écoutait depuis des bateaux situés à 5 kilomètres de la côte Anglaise, comme Radio Caroline, aux Pays-Bas ou au Danemark.
Ce sont grâce à elles que les gens ont pu, illégalement, découvrir nos chansons.
Ensuite, la marine britannique a fait envoyer des vaisseaux de guerre auprès des bateaux pirates pour envoyer les personnes qui s'y trouvaient en prison. C'était de leur part totalement illégal, puisqu'ils se situaient formellement à 5 kilomètres du pays !
C'était fou ! Les jeunes musiciens ne me croient pas quand je leur raconte ça, aujourd'hui.
Puis, les autorités britanniques se sont demandées : "d'où émettent exactement les radios pirates ?". Et alors, British Telecom et les radios nationales sont allés débaucher les gens de ces mêmes stations pour les faire travailler à la BBC. Une fois sur place, bien sûr, ils diffusaient exactement ce qu'ils voulaient.
Suite ...
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Re : [b]Donovan « l’ambassadeur du folk britanique »[/b]
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Répondre #5 le:
01 Mai 2006 - 18:41 »
Suite et fin de l'interview ...
On ne s'en rend pas toujours compte, mais la nouvelle génération de folk-singers bénéficie aujourd'hui de cette liberté acquise alors.
Et c'est naturel que des jeunes aujourd'hui essaient de recréer les sixties, car quelque chose d'extraordinaire s'est alors produit, comparable à la Renaissance Italienne.
A Cleveland, Alan Freed fut le premier DJ à passer du rhythm & blues à la radio, du Muddy Waters, du Chuck Berry... Alors, la police est venue le chercher
(hurlant avec la voix du policeman américain)
: "Vous êtes en état d'arrestation pour avoir diffusé du Chuck Berry !!!". Invraisemblable ! Enfin... Quoiqu'il en soit
(s'approchant de notre magnétophone)
: "n'écoutez surtout pas de Chuck Berry, sous peine de finir en taule, OK ? ?"
(rires).
Dans le même temps, Eminem a été censuré dernièrement. Pourquoi ? Peut-être parce qu'il est blanc et fait de la musique noire, il ne devrait pas faire ça, oh, le méchant petit garçon. Et en plus il utilise des mots grossiers. Avez-vous emprunté un film au video-club, dernièrement ? N'y avait-t-il pas le moindre gros mot dedans ? Pourquoi reproche-t-on à certains chanteurs ce qu'on passe sans problème au cinéma ?
Puisque vous parlez d'Eminem, qu'écoutez-vous donc, parmi les musiciens actuels ?
J'écoute les disques de ma fille, Astrella, qui a 31 ans et vient de sortir un disque réalisé avec Kevin Hunter, qui a co-écrit des chansons pour Sheryl Crow.
Ca, c'est la musique de ma famille, mais j'ai également, au cours des dix dernières années, énormément écouté les disques de l'Irlandais Damien Rice, que j'adore. Les groupes de la scène de Manchester aussi, même s'ils ne sont plus tout jeunes, et n'ont rien fait depuis des années.
Récemment, j'ai découvert Belle And Sebastian et y ai perçu l'influence de ma propre musique. Parmi les choses encore plus récentes, j'aime assez Adam Green, et d'une façon plus générale, le son de la nouvelle scène folk.
Connaissez-vous les disques de Joe Henry, "Scar" et "Tiny Voices" ? En réécoutant "Beat Café" dernièrement, nous étions assez frappés par le feeling commun entre votre dernier disque et les siens.
Vraiment ? Ecrivez-moi son nom sur mon carnet, s'il vous plaît.
Il faut que j'écoute des musiciens actuels, mais il y a trop de nouveaux noms, on s'y perd.
Je ne pense pas que quiconque soit isolé. C'est tout à fait possible qu'il y ait des similitudes de démarche entre ce que je fais et ce que font ces gens dont vous me parlez, même sans nous êtres écoutés mutuellement. Les tendances fonctionnent ainsi, en parallèle.
En tout cas, merci à vous. J'espère que vous viendrez au concert du 9 mai à Paris. Et dites bien à tout le monde de venir, informez-les du lieu où je serai ce soir là ! «
Lien
:
http://www.popnews.com/popnews/donovanitw/
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Dernière édition: 01 Mai 2006 - 18:48 par daniela
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Re : [b]Donovan « l’ambassadeur du folk britanique »[/b]
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Répondre #6 le:
02 Mai 2006 - 01:37 »
Super intéressant tout ça Daniela !
Et ça me donne envie de le redécouvrir.Il y a bien longtemps que je ne l'ai pas écouté.
Mais compte tenu du temps qu'il m'a fallu pour lire tout ça (et faut croire que c'était passionnant car j'ai tout lu, du début à la fin !),
l'écoute sera pour demain !
A cette heure, je ne suis pas sûre que mes voisins apprécient si je met de la musique
Cécile
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"j'ai eu le plus étrange des rêves ..
Re : [b]Donovan « l’ambassadeur du folk britanique »[/b]
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Répondre #7 le:
02 Mai 2006 - 01:45 »
Citation de: Cécile le 02 Mai 2006 - 01:37
Super intéressant tout ça Daniela !
Et ça me donne envie de le redécouvrir.Il y a bien longtemps que je ne l'ai pas écouté.
Cécile
et bien je suis contente que tout ça t'ai plu et te donne envie de redécouvrir Donovan !
c'est un grand artiste resté fidèle à lui-même ! je pense ...
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